La Rosalie des Alpes, Rosalia alpina
La biologie larvaire de cette très belle espèce est mal connue, et devrait faire l’objet d’études complémentaires. Les adultes sont particulièrement actifs pendant le jour, surtout si la journée est ensoleillée.
Description
Profil
Dessus
D’une taille comprise entre 15 et 38 mm., sa couleur est caractéristique : le corps, recouvert d’une pubescence gris bleuté, présente le plus souvent une tache noir de velours à l’avant du pronotum et trois sur chaque élytre. Les 2 premiers articles des antennes sont noirs, les suivants gris bleuté avec l’apex noir, certains ornés d’une touffe de poils.
Les espèces proches
Aucun Coléoptère ne peut être confondu avec R. alpina. Toutefois, cette espèce présente une livrée très variable : les taches noires varient en forme et en importance selon les individus (aux extrêmes, on peut rencontrer des individus presque totalement noirs ou au contraire presque totalement gris bleu).
Biologie, écologie et comportements
Rosalia alpina
Les adultes apparaissent au début de l’été, et peuvent s’observer jusqu’en septembre. Dès mi-juillet, les femelles pondent dans les anfractuosités des arbres. Les larves se trouvent dans les troncs des arbres de grande taille bien exposés au soleil, sénescents, malades ou bien morts (sur pied ou bien à terre).
Les essences fréquentées par les larves de Rosalia alpina sont majoritairement les hêtres, les chênes mais aussi les saules et parfois d’autres essences (des genres Fraxinus, Alnus, Carpinus, Malus, Ulmus, Tilia, Castanea, Juglans et Crataegus). En Corse, des individus ont été observés principalement sur des hêtres, mais aussi sur des frênes et des châtaigniers.
Peu de choses sont connues sur la biologie larvaire de R. alpina. On suppose que le développement larvaire prend plus d’une année (probablement 2 à 3 ans). Les adultes butinent les apiacées, mais aussi certains arbres comme le frêne fleur.
Répartition et abondance
La zone supraméditerranéenne (zone du hêtre) est la zone préférentielle, mais elle n’est pas exclusive : on peut trouver R. alpina plus bas. La première citation en Corse remonte à 1976 dans la forêt d’Aïtone. R. alpina serait assez bien répandu en Corse : les zones de l’Incudine et du col de Vizzavona semblent particulièrement fréquentées.
Menaces éventuelles
L’aire de distribution de R. alpina semble se rétrécir. L’espèce n’atteint plus au nord que l’Allemagne méridionale et la Slovaquie.
En France, R. alpina n’est pas encore menacé, sauf parfois localement. Toutefois, les techniques actuelles de la sylviculture (enlèvement du bois mort…) lui sont peu favorables.
Propositions de gestion
Les hêtraies d’altitudes ne sont que peu ou pas exploitées en Corse, elles peuvent donc constituer d’excellentes “zones refuge” pour cette espèce liée aux hêtraies sénescentes. Il faudrait au niveau de ces zones que les forestiers se contentent d’assurer la pérennité de la hêtraie (régénération par placettes), le bois mort étant laissé sur place.
Il faudrait également identifier les localités de Corse présentant les plus beaux peuplements de R. alpina, et y mettre en place des mesures de gestion appropriées en concertation avec l’ONF.
Statut / Protection
Rosalia alpina est une espèce prioritaire de l’annexe II de la Directive habitats
Bibliographie
  • Andrei-Ruiz M.-C., 1997 - Etude du statut des insectes de la Directive Habitats (annexe II et IV) présents en Corse. Rapport AGENC pour le PNRC, 53 pages.
  • Bizouard T., 1993 - A propos de Rosalia alpina L. en Corse (Col. Cerambycidae). L’Entomologiste, 49 (5) : 266.
  • Nicollet J.-P. & Lempérière G., 2002 – Un Coléoptère protégé et emblématique : la Rosalie des Alpes. Insectes, 126 : 31-32.
  • Villiers A., 1978 - Faune des Coléoptères de France I. Cerambycidae. Faune de France N°42, 611 pages.
  • Van Helsdingen P. J., Willemse L. & Speight M. C. D., 1996 - Background Information on Invertebrates of the Habitats Directive and the Bern Convention, Part I. Council of Europe, Strasbourg, 217 pages.
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