Le grand capricorne, Cerambyx cerdo
C. cerdo s’observe essentiellement lors de son vol, souvent crépusculaire et localisé autour des arbres dont ses larves xylophages endommagent les troncs.
Description
Profil
Dessus
C. cerdo est un des plus grands Coléoptères d’Europe, mais cette espèce possède la particularité de varier en taille, de 17 mm. (taille approximative de C. scopoli) à 55 mm.
Globalement de couleur noir brillant, C. cerdo présente un pronotum plus étroit à l’avant qu’à l’arrière, avec de profondes rides transverses et une forte pointe conique de chaque côté. Les élytres sont rétrécis vers l’arrière, et plus fortement granuleux à l’avant ; l’apex, rougeâtre, présente une petite épine.
Nota : en Corse, on peut trouver la variété Mirbecki Lucas, 1846 : de grande taille, elle se distingue par sa pubescence grise très fournie, ses élytres plus déprimés, plus carrés aux épaules.
Les espèces proches
Les espèces les plus proches morphologiquement (C. miles, C. velutinus) ne sont pas connues de Corse.
Profil
Dessus
Cerambyx scopolii
Les individus de grande taille de C. scopolii (18-28 mm) peuvent se confondre avec de petits individus de C. cerdo. Toutefois, C. scopolii  présente des élytres vermiculées, avec un apex non rougeâtre et arrondi.
Profil
Dessus
Morimus asper
Pour un observateur non averti, d’autres cérambycidés présents en Corse pourraient être confondus avec C. cerdo, comme Morimus asper (16-38 mm), qui se distingue par la présence de deux taches transverses de pubescence veloutée et de granulations luisantes sur les élytres, qui sont bien plus courtes que chez C. cerdo (aspect plus « rond »).
Profil
Dessus
Ergates faber
Ergates faber (27-50 mm), de couleur brun noir, présente des élytres moins rétrécis à l’arrière. Le pronotum est très différent : plus large et assez plat, jamais plissé ; celui du mâle présente deux plaques, celui de la femelle est grossièrement ponctué.
Biologie, écologie et comportements
Cerambyx cerdo
Début mai à mi septembre, les adultes émergent et se reproduisent. Les mâles se livrent entre eux à de violents combats, pouvant se solder pour l’adversaire malheureux par la perte d’une patte ou d’une antenne. Ces combats pourraient servir à établir une sorte de territoire. La rencontre entre mâle et femelle semble fortuite, et la stridulation (sorte de « cris » produits mécaniquement par un appareil stridulant se trouvant à l’articulation du pro- et du mésothorax) n’intervient pas. Dès mi-mai, les femelles fécondées pondent dans les anfractuosités et les blessures des arbres. Les larves de C. cerdo se développent pendant 3 à 4 ans, surtout dans les chênes (mais pas exclusivement), qu’elles pénètrent à cœur (elles sécrètent une cellulase) et rendent inutilisables pour la fabrication de bois d’œuvre.
C. cerdo pourrait attaquer des arbres sains dont il provoquerait par suite le dépérissement, mais nous avons surtout trouvé mention dans la littérature de sa préférence pour les arbres malades, voire morts, mais toujours sur pied.
Le grand capricorne est attiré par l’alcool éthylique et par l’acétate d’éthyle dégagés par les arbres qu’il parasite.
Répartition et abondance
C. cerdo peut être présent en Corse du littoral aux zones d’altitudes, avec plusieurs observations à des altitudes moyennes (vallée du Fangu, entre autres). Sans être rarissime, l’espèce ne s’observe pas couramment en Corse.
Menaces éventuelles
En Europe, C. cerdo présente une nette tendance au déclin, due probablement en partie à l’évolution de la sylviculture vers la production d’essences à croissance rapide, et vers le maintien d’une “hygiène” souvent excessive de la forêt.
En France, le grand capricorne est considéré comme une espèce menacée. En effet, son développement larvaire est long, et il a besoin pour le mener à terme de forêts anciennes où l’on laisse les arbres moribonds ou morts pourrir à leur rythme naturel. De fait, cette espèce est en net déclin au nord, alors qu’elle semble moins en danger au sud.
Propositions de gestion
La conservation de C. cerdo passe par l’adaptation des pratiques forestières (retour à un système agro-pastoral) dans les secteurs où l’espèce présente des niveaux de population importants.
La création de “zones refuge” où l’on laisserait pourrir sur place une majorité des arbres morts (type réserves biologiques intégrales ou dirigées de l’ONF) serait une mesure minimale relativement facile à mettre en place en Corse.
Statut / Protection
Bibliographie
  • Andrei-Ruiz M.-C., 1997 - Etude du statut des insectes de la Directive Habitats (annexe II et IV) présents en Corse. Rapport AGENC pour le PNRC, 53 pages.
  • Favard P., 1962 - Contribution à l’étude de la faune entomologique du Chêne vert en Provence. Thèse de Doctorat de l’Université d’Aix-Marseille, 138 pages.
  • Villemant C. & Fraval A., 1991.- La faune du chêne-liège. Actes Editions, Rabat, 332 pages.
  • Villiers A., 1978 - Faune des Coléoptères de France I. Cerambycidae. Faune de France N°42, 611 pages.
  • Van Helsdingen P. J., Willemse L. & Speight M. C. D., 1996 - Background Information on Invertebrates of the Habitats Directive and the Bern Convention, Part I. Council of Europe, Strasbourg, 217 pages.
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