Le sphinx de l’Epilobe, Proserpinus proserpina
P. proserpina est une espèce souvent diurne, discrète et donc rarement observée, à rechercher en Corse car connue d’une station unique.
Description
Dessus Dessous
La tête, collier, ptérygodes et une étroite bande médiane thoracique sont vert olivâtre foncé, le reste du thorax et l’abdomen étant gris verdâtre. Les antennes sont en partie noirâtres avec l’apex blanc.
La femelle est semblable au mâle, bien que légèrement plus grande et plus sombre.
L’espèce est assez variable de coloration, allant du vert olivâtre au gris et au brun pâle.
 En vue de dessus, les ailes antérieures sont gris olivâtre. Elles présentent une large bande médiane courbe brun olivâtre bordée de blanchâtre de part et d’autre et contenant la tache discale noire. L’aire externe de l’aile est fortement assombrie, avec une marge fortement découpée. L’aile postérieure est jaune ochracé vif, avec une large bande marginale noire devenant gris verdâtre vers l’angle anal. Une frange blanche est présente le long du bord abdominal. 
Vu de dessous, le fond des ailes est vert olivâtre avec une large bande blanchâtre, médiane, entière aux ailes postérieures et seulement présente vers la côte aux ailes antérieures, où l’aire du bord interne est fauve rougeâtre.
Les espèces proches
Compte tenu de sa petite taille et de l’aspect très découpé de ses ailes, cette espèce peut difficilement être confondue avec d’autres. En Corse, le seul autre sphinx de sa taille est :
Dessus Dessous
Macroglossum stellatarum
En vue de dessus, la tête et le thorax sont brun cendré, ainsi que les ailes antérieures, qui présentent des lignes transversales noires, et surtout un bord droit (fortement découpé chez P. proserpina). Les ailes postérieures sont jaune fauve, avec une base grise et une bande marginale brun roussâtre. L’abdomen présente des taches latérales blanc-jaunâtres et noires.
Vu de dessous, les ailes sont jaunâtres dans l’aire basale, et roussâtres vers l’extérieur. Une bande marginale brunâtre est surtout visible sur les ailes postérieures.
Biologie, écologie et comportements
Chenille
Les adultes volent de début mai à fin juin. On peut parfois observer une seconde génération partielle se produisant de début à fin septembre. Dès mi-mai, les œufs sont pondus, généralement sur la face inférieure des feuilles. Les principales plantes hôtes sont les épilobes (notamment Epilobium angustifolium et E. hirsutum), les onagres (Oenothera biennis), les fuchsias, la salicaire (Lythrum salicaria) et la lysimaque pourprée. L’espèce fréquente les milieux ensoleillés mais humides, à proximité de cours d’eau ou autres zones humides. Les chenilles dont l’activité est essentiellement nocturne, se nymphosent dès début juillet, généralement sous une pierre (chrysalides hivernantes), non loin de la plante hôtes.
Répartition et abondance
Caractérisée partout en Europe par une grande discrétion, la répartition de cette espèce est encore mal connue. En Corse, le sphinx de l’Epilobe est cité d’une station unique : San Giuliano, où 1 mâle a été capturé au piège lumineux en mai 1989. Aucune autre capture n’a été réalisée depuis.
Menaces éventuelles
P. proserpina est considérée comme une espèce vulnérable, très sensible aux modifications qui affectent ses biotopes. Cependant, il semble que cette espèce qui passait pour rare soit devenue commune dans de nombreux sites. Dans le même temps, cette espèce a disparu de nombreux endroits. Il est donc possible que cette espèce soit en train de coloniser de nouveaux biotopes.
Propositions de gestion
Il serait souhaitable de préciser d’une part l’intérêt de la seule station connue actuellement (y existe-t-il une population importante, où bien s’agit-il de la capture d’un individu erratique?), et d’autre part il serait intéressant de préciser la répartition en Corse de P. proserpina par une étude plus poussée sur l’ensemble de l’île.
De fait, le MNHN recommande la réalisation d’études sur l’écologie de cette espèce, et sur sa répartition géographique, dans le cadre d’un plan de conservation des espèces.
Statut / Protection
Bibliographie
  • Andrei-Ruiz M.-C., 1997 - Etude du statut des insectes de la Directive Habitats (annexe II et IV) présents en Corse. Rapport AGENC pour le PNRC, 53 pages.
  • Brusseaux G. & Nel J., 2004.- Révision de la liste-inventaire de Charles E. E. Rungs (1988) des Lépidoptères de Corse. Supplément au tome XIII de la revue RARE, 145 pages.
  • Guyot H., 1991 - Sur la présence en Corse de Proserpinus proserpina Pallas (Lepidoptera, Sphingidae). Alexanor, 16 (7) : 442-444.
  • Pittaway A. R., 1983 - An annoted checklist of the western palaeartic Sphingidae (Lepidoptera). Entomologist’s Gaz., 34 : 67-85.
  • Van Helsdingen P. J., Willemse L. & Speight M. C. D., 1996 - Background Information on Invertebrates of the Habitats Directive and the Bern Convention, Part I. Council of Europe, Strasbourg, 217 pages.
  • Haut
  • Imprimer