Le nacré tyrrhénien, Fabriciana elisa
F. elisa (dont le nom a récemment changé pour Argynnis elisa) est une espèce diurne, endémique stricte de la Corse et de la Sardaigne.
Description
Dessus Dessous
F. elisa présente peu de variations individuelles.
Le fond est d’un fauve assez vif (surtout chez les mâles, qui ne présentent pas de tache androconiale). La plupart des taches postmédianes sont assez grandes, et on notera la présence sur l’aile postérieure de points réduits et argentés, très caractéristiques. 
Les espèces proches
Dessus Dessous
Issoria lathonia
En général, I. lathonia est de plus petite taille que F. elisa, avec des taches noires en bordure d’ailes plutôt rondes (vue de dessus), et surtout, il présente de grandes taches argentées sur le dessous des ailes postérieures (aspect « papier alu »).
Dessus Dessous
Brenthis daphne
Connu de Corse depuis une dizaine d’années, B. daphne présente globalement une forme plus « ronde », une couleur de fond moins orangée (mâles), et surtout, il présente une vaste aire postmédiane marbrée de lilas et de roussâtre sur le dessous des ailes postérieures (pas de taches nacrées).
Dessus Dessous
Argynnis paphia
En général, A. paphia est de plus grande taille que F. elisa. La confusion est surtout possible avec les mâles (qui toutefois présentent des suffusions noires parallèles aux nervures 1-4), les femelles étant en général bien moins orangées. Le dessous des ailes postérieures montre une suffusion verdâtre doré, des dessins flous (pas de taches nacrées).
Dessus Dessous
Pandoriana pandora
P. pandora est de plus grande taille que F. elisa, et de couleur plus verdâtre. Les mâles présentent des suffusions noires parallèles aux nervures 2-3. Le dessous des ailes antérieures présente une tache rougeâtre à rose, très visible en vol, celui des ailes postérieures montre un fond vert avec des stries irrégulières et d’étroites bandes argentées.
Biologie, écologie et comportements
Violettes
F. elisa vole en une seule génération, de juin à septembre. La biologie de cette espèce endémique est mal connue, notamment en ce qui concerne son développement larvaire. Dès mi-juin, les femelles pondent, probablement à proximité des plantes hôtes. Les œufs hivernent, puis éclosent dès que les températures s’élèvent, généralement en mars-avril. Après 6 stades larvaires échelonnés sur environ 2 mois, les chrysalides se forment.Son biotope préférentiel serait les zones boisées avec présence de fougères et de bruyères arborescentes, et surtout l’aulnaie. On le rencontre aussi à plus basse altitude en lisière des forêts et dans les vergers.Les plantes hôtes de la chenille sont des violettes, probablement Viola arvensis, V. parvula ou V. kitaibeliana (anciennement sous-espèces de V. tricolor), V. biflora, V. corsica, ou encore V. odorata, V. reichenbachiana ou V. riviniana (anciennement sous-espèces de V. sylvestris). Le papillon butine préférentiellement les fleurs de ronces et de chardons.
Répartition et abondance
En Corse, on peut rencontrer F. elisa principalement entre 700 et 2000 mètres environ, mais ce n’est pas une espèce que l’on voit communément. Elle a été observée surtout dans le centre de l’île (avec toutefois une observation signalée aux environs de Bastia), et semble relativement commune dans le massif de l’Incudine, au col de Vergio et dans les gorges de la Restonica.
Menaces éventuelles
Actuellement, F. elisa ne semble pas menacé, sauf par les incendies de forêt qui peuvent détruire son habitat. Toutefois, l’urbanisation croissante des zones de moyenne montagne pourrait contribuer à réduire les habitats potentiels de cette espèce.
Propositions de gestion
Le MNHN préconise d’assurer la protection de l’habitat de F. elisa par la création de réserves ; il faut préciser le statut de cette espèce, poursuivre son inventaire et étudier sa répartition géographique.
Statut / Protection
Bibliographie
  • Andrei-Ruiz M.-C., 1997 - Etude du statut des insectes de la Directive Habitats (annexe II et IV) présents en Corse. Rapport AGENC pour le PNRC, 53 pages.
  • Brusseaux G. & Nel J., 2004.- Révision de la liste-inventaire de Charles E. E. Rungs (1988) des Lépidoptères de Corse. Supplément au tome XIII de la revue RARE, 145 pages.
  • Jutzeler D., Leigheb G. & Bros (de) E., 1997 – Ecologie et élevage de Fabriciana elisa (Godart, 1823), endémique de Sardaigne et de Corse (Lepidoptera : Nymphalidae). Linneana Belgica, Pars XVI, n°2 : 63-69.
  • Van Helsdingen P. J., Willemse L. & Speight M. C. D., 1996 - Background Information on Invertebrates of the Habitats Directive and the Bern Convention, Part I. Council of Europe, Strasbourg, 217 pages.
  • Verity R., 1950 - Le farfalle diurne d’Italia. 4. Apaturidae & Nymphalidae : 279-281.
  • Haut
  • Imprimer